Temps et perceptions

Albert Einstein, comme vous pouvez le savoir, a travaillé sur la notion de relativité. La relativité et le temps, que pouvons-nous en dire ? « La distinction entre le passé, le présent, le futur n’est qu’une illusion, aussi tenace soit-elle. » aurait-il dit. Je dis bien « aurait-il dit » car ne l’ayant pas entendu de mes propres oreilles, je préfère utiliser les guillemets plutôt que de lui prêter avec certitude une citation qui ne serait pas de lui. Précaution d’usage est donc prise.

 

Donc, revenons à nos moutons. Si on reprend ce concept de relativité du temps, que le temps n’est qu’une notion illusoire, nous pouvons alors partir du principe que tous les événements passés sont, ne serait-ce que sur le plan émotionnel, sensoriel, notre réalité présente. Car si un événement passé continue à nous émouvoir (positivement ou négativement), s’il continue à avoir des répercussions sur notre vie actuelle, ce n’est pas tant l’événement lui-même qui le fait, mais plutôt le souvenir de cet événement, la perception sensorielle (et l’émotion qui en découle) du souvenir de cet événement.

 

Exemple : Il y a dix ans, j’ai vécu un accident de la route qui m’a profondément choquée. Dans ma vie quotidienne, je continue à être stressée au volant, craindre les réactions des autres conducteurs, et par conséquent, je préfère éviter de conduire, quitte à m’interdire certaines sorties.

 

En réalité, cet accident est bien passé, il a eu lieu à un instant T. Pour autant, mon présent est toujours impacté par le souvenir émotionnel de cet événement, qui, contextualisé refait surface aujourd’hui.  Bien que l'évènement soit passé, la perception, l’émotion ressentie est bien présente : ici, l’angoisse et la crainte.

 

Sur le plan thérapeutique, nous utilisons la relativité du temps pour travailler sur nos blocages. Inutile de travailler sur des événements passés qui ne peuvent-être changés. En revanche, l’idée est bien de ramener dans le présent les émotions, les perceptions sensorielles liées au souvenir de l’événement et de travailler au changement de ces perceptions. Passer d’une émotion négative à une émotion plus neutre permet alors d’envisager une alternative à nos réactions futures liées au contexte qui représentait jusqu’alors un blocage.

 

Reprenons notre exemple : Après avoir identifié les émotions provenant du souvenir de cet accident de voiture, nous utilisons des techniques pour en modifier les perceptions. Lorsque les émotions sont neutres, la personne pourra plus facilement se sentir en capacité de reprendre le volant.  

 

Ainsi, en utilisant la relativité du temps, nous nous focalisons uniquement sur le présent, les sensations et émotions sensorielles ressenties à l’instant présent. C’est à partir de ces perceptions que l’on peut agir sur des événements (traumatiques ou non) passés qui empoissonnent parfois notre vie présente et qui nous permet d’envisager plus sereinement les événements à venir.

 

Le temps est donc une notion illusoire, même si les événements passent… « mais si on le veut, à tout moment, il peut adoucir notre présent » 

 

 

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Commentaires: 2
  • #1

    Guillaume (vendredi, 19 octobre 2018 11:07)

    Sur le plan scientifique, l extraction mémorielle active un groupe de neurones similaires, mais non identiques, à celui créé au moment de l encodage de l’episode vécu. Ainsi nos souvenir sont déformés, même si on est persuadé qu ils sont fidèles à la réalité.


    Notre état d esprit au moment où on a enregistré le souvenir, et notre état d esprit au moment de sa remémoration influencent et altèrent le souvenir lui même .

  • #2

    Jessica (vendredi, 19 octobre 2018 11:11)

    Tout à fait Guillaume, et c'est bien pour cela qu'à partir des perceptions que l'on a du souvenir, on peut travailler une "réparation" de l'émotion pour débloquer certaines situations. Merci de votre commentaire.